Mardi, le 5 août, c'est un départ pour Jasper. J'avais hâte de voir quelque chose de différent, car depuis une semaine, on fait surtout de la route et pas tellement d'activités.
Jasper n'était pas notre prochaine destination, mais la route qu'on devait prendre pour descendre plus vers le sud n'était pas accessible, apparemment à cause d'un déversement quelconque.
Partout le long de la route, il y a des annonces d'animaux sauvages à surveiller, mais on n'en voit pas.
Ce qu'on voit par contre, ce sont les Rocheuses, les magnifiques Rocheuses.
En chemin, on arrête faire le plein à McBridge où j'ai remarqué une belle gare.
Souvent, on s'arrête à des endroits qui ont l'air intéressants tout au long de la route. Il y a plusieurs points d'intérêt qui sont annoncés et où il y a des haltes routières. La plupart du temps, il y a des panneaux d'information.
On s'approche de Jasper, une ville très touristique. Déjà, on s'en rend compte quand on s'arrête à des endroits à proximité. Quand on s'est arrêtés pour voir le mont Robson, il y avait une véritable foule de touristes. Notre attention a été attirée par un VR un peu spécial. D'après les dates inscrites sur les cartes des parties du monde que les propriétaires ont visitées, ça fait cinq ans qu'ils font de longs voyages.
On arrive à Jasper. La ville est très belle et le soleil est brûlant encore aujourd'hui. Les stationnements sont pleins à craquer. Après plusieurs tours de ville, on réussit à s'en trouver un et on va se rafraîchir un peu en allant prendre une consommation sur une terrasse ombragée.
On va ensuite s'informer au kiosque touristique pour savoir s'il y a des endroits où on peut rester pour la nuit en ville comme on a vus en Alaska.
Négatif.
Malgré le fait qu'il y ait plusieurs grands stationnements et que plusieurs commerces sont ouverts 24 heures sur 24, il est strictement défendu de passer la nuit dans l'un de ces stationnements. On envisage donc d'aller au camping recommandé par la FCCQ, le Whistler's Campground où il y a 781 emplacements, mais la fille du kiosque touristique nous dit que c'est complet. On demande alors où on peut aller, un endroit qui ne serait pas trop loin et elle nous indique le Snaring River Campgroung où il n'y a que les commodités de base, soit table et toilettes sèches et nous donne une carte sur laquelle elle fait un gros X avec un marqueur rose pour indiquer que c'est complet à au moins deux camping et un rond pour nous indiquer l'endroit où se trouve le terrain de camping où on doit aller. On n'est pas trop contents, mais on se rend tant bien que mal au terrain de camping, car GP ne veut pas nous aider et l'application Google sur mon téléphone veut me lâcher, car le réseau ne se rend pas très loin et nous, on s'éloigne de plus en plus de la ville.
Et il fait pas mal chaud, et on a pas mal faim.
Bref, ça va pas ben.
On finit par se rendre; il est pas loin de 20H30. Ce genre de camping, comme la plupart dans des parcs nationaux, applique un système d'auto-inscription. Il y a des enveloppes et un formulaire où on doit indiquer notre numéro d'emplacement et mettre notre argent (ici, c'est 15$; j'espère, y a pas de services) et on doit déposer le tout dans une petite boîte de bois qui est barrée à clé et dans laquelle il y a une petite fente pour insérer l'enveloppe.
On cherche un emplacement; certains ne sont pas occupés, mais il y a une inscription sur le poteau indiquant le numéro qui nous renseigne de la date de départ, et c'est soit pour le lendemain ou après.
Bref, pour faire une histoire courte, y en a pas de places.
La tension monte. On y va de nos commentaires sur le fonctionnement archaïque de ce système de location qui, apparemment, ne fonctionne pas.
Et il fait toujours aussi chaud. Et on a un peu plus faim.
On fait le tour 2 ou 3 fois.
Pas de places.
On voit alors un stationnement, mais pas de poteau (donc pas de numéro d'emplacement), alors on se dit:" Ça va faire, le taponnage, nous on s'installe ici".
Presque en même temps que nous arrive un autre VR, un peu vieillot et on voit bien que le conducteur cherche aussi un emplacement. C'est un monsieur assez âgé (nous aussi, on est assez âgés, mais quand je dis assez âgé, je veux dire plus âgé que nous mettons). Mario lui dit que nous, on s'installe dans ce stationnement et on l'invite à nous imiter. C'est un monsieur de l'Alberta qui est en voyage avec sa femme.
On jase un peu et on chiale surtout après le système de location (ça fait du bien de chialer un peu, ça faisait longtemps que ça nous était pas arrivés).
On s'installe comme il faut, on sort les chaises, on prend une bière et les gens de l'Alberta amène leurs chaises aussi et on jase de tout et de rien.
J'ai quand même ramassé une enveloppe et un formulaire pour le paiement même si on avait pas de numéro d'emplacement.
On a pas fait de vrai souper, car il faisait pas mal trop chaud, même si on avait pas mal faim. On s'est contentés de grignoter du fromage et des croustilles.
Puis vers 22H00, on se préparait à se coucher quand on a reçu une petite visite...
C'était une employée de Parcs Canada.
On savait que quelqu'un viendrait vérifier pour le camping, mais on s'attendait à ce que soit le lendemain matin.
On répète ce que la fille du kiosque touristique nous a dit: pas de places en ville, pas de places à Whistler's Camground et de la place ici...et tatati et tatata.
Elle nous dit qu'il en reste de la place à Whistler, qu'elle arrive justement de là et elle n'a pas l'air de nous croire quand on lui dit que la fille du kiosque nous a dit que c'était complet à Whistler.
Elle dit qu'on ne peut pas rester ici, que c'est un simple stationnement, que c'est le règlement, qu'il y a un autre terrain à moins d'un demi-mille d'ici, etc.
Et nous, on proteste, on n'est pas contents, on dit que leur système ne fonctionne pas bien, qu'on est fatigués, que ça nous tente pas de changer de places, etc.
La discussion dure une bonne dizaine de minutes.
On finit par lui dire qu'on va changer de places, mais on veut qu'elle vienne avec nous et on va la suivre.
Elle parle aussi à notre voisin de stationnement.
On la suit et rendus là-bas, on lui montre la carte avec le gros X rose sur l'emplacement du camping de Whistler. Là, elle nous croit, elle s'excuse et nous dit qu'elle va arranger ça et que ce sera gratuit pour nous. Je lui présente l'enveloppe que j'ai ramassée à l'autre camping et elle inscrit 0$ et son nom. Elle fait la même chose pour le couple albertain qui vient juste d'arriver derrière nous.
C'est la première journée du voyage où on rencontrait des contrariétés de ce genre.
Enfin, on peut se coucher.
Pas aussitôt couchés, qu'est-ce qu'on entend?
Le train.
Et pas longtemps après ça?
Des autos et encore des autos.
On était pas loin d'une route.
Décidément!

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